Toujours cette mise en avant de la « misère du peuple polynésien» qui s’installerait au fenua, qui gangrènerait notre pays, alors que le parc automobile neuf se porte bien, même si l’achat de voitures neuves est en baisse. La vente de vinis, quant à elle, se porte aussi bien que celle des caisses de bières, moins chères que des livres… Mais nos politiques dissertent facilement sur cette soi-disant paupérisation, sans revendre pour autant leur(s) belle(s) voiture(s) au profit des déshérités… Politiquement, c’est un hyper bon sujet rassembleur, mais il faut que ces politiciens de tous bords arrêtent de l’utiliser hypocritement, pour leur propre intérêt ou celui de leur parti. L’abbé Pierre, Gandhi, Mère Theresa, Nelson Mandela, ou d’autres comme Ella Fitzgerald, cette grande chanteuse de jazz, disparue, connaissaient l’exacte valeur de ce vocable mais n’en parlaient pas :
Ils agissaient simplement, sans publicité, et avec humilité !
Moana Tatarata, président du CA de la CPS, nous a parlé l’autre soir, à la télé, de sept à neuf mille personnes ayant perdu leur emploi, et là nous revenons à la réalité. Oui, ces personnes-là ont vu leurs emplois détruits et connaissent maintenant, si celui-ci était l’unique source de revenu à la maison, de réelles difficultés. Il est vrai que du temps du CEP et CEA et même après, l’argent était facile, et sans aller à l’école, il était facile de trouver du travail, ou même sans travailler, il suffisait de voter tel ou tel candidat pour avoir son fare…

Avec l'arrivée du CEP (Centre d'Expérimentations du Pacifique) en Polynésie, un AMF sera créé à Mururoa.
Aujourd’hui, nous revenons à une réalité que connaissent habituellement, les habitants dans la plupart des pays, il faut travailler, et travailler, pour pouvoir vivre décemment. Mais la notion de travail quotidien est complètement étrangère à la culture polynésienne, sauf que le monde autour d’elle a évolué, et que cette culture a été pervertie par l’argent facile ! Et ici, c’est bien le royaume de l’officieux officiel, où les yeux se ferment facilement, où les langues se délient peu, et où le « on se débrouille », le mot de passe préféré… Il est plus simple de « planter et dealer » sans que l’on soit gêné par les principes religieux, que de d’aller à l’école des farani faire des études. Ici les mentalités sont lentes à évoluer. L’école, qui permet une ascension sociale et libératrice, n’est pas ainsi considérée au fenua, et cette vision perdure, toujours entretenue, à l’approche d’un prochain scrutin par la majorité des candidats potentiels ou chefs de parti.
Dans notre fenua, depuis quelques temps, la volonté de changer cette « mentalité » est à la mode, et serait même en train de naître, mais, survivra-t-elle au prochain scrutin, même réformé, alors même qu’elle n’a pas encore vue le jour ?


















































Gérard
28 août 2010
Bonjour,
Et merci pour nous donner de la matière à cogiter…
Tout à fait d’accord avec tes propos…comme d’habitude, il y a quand même l’espoir, que dans un avenir pas si lointain, le peuple polynésien s’approprie ces valeurs nouvelles pour eux que sont l’effort soutenu afin de profiter des bienfaits de la civilisation…Ils l’on bien fait avec les religions, il existe une culture spirituelle Mahoi qui s’est appropriée les grands courants de pensée occidentaux en les “localisant”… Le seul Hic…c’est que cela prend du temps, et on en arrive à louper certains rendez-vous avec l’histoire…comme celui de l’argent facile qu’il aurait été judicieux d’utiliser plus intelligemment… Sur ce bonne journée à tous…